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Trail et ultra : pourquoi tout le monde s’y met (et pourquoi c’est cool)

Trail et ultra : pourquoi tout le monde s’y met (et pourquoi c’est cool)

Un pote m’a dit récemment : « Je me suis inscrit à un trail de 40 bornes. » Ce mec ne courait pas il y a deux ans. Zéro. Aujourd’hui il enchaîne les sorties longues le dimanche matin et parle dénivelé positif comme d’autres parlent météo.

C’est devenu ça, le trail en 2026. Un truc de masse.

Le running ne ralentit pas, et le trail encore moins

Les inscriptions aux semi-marathons, marathons, trails : tout est plein. Les dossards partent en quelques heures sur les grosses courses. Franchement, il y a dix ans, personne n’imaginait qu’on devrait mettre un rappel à 9h58 pour espérer choper une place sur une course de montagne.

Le Marathon du Mont-Blanc 2026 en est l’exemple parfait. Programme dense, favoris scrutés à la loupe, météo analysée trois semaines avant le départ, résultats suivis en direct par des milliers de gens qui ne sont même pas sur place. On est loin de la petite course confidentielle entre initiés.

Pourquoi ça marche autant ?

Perso, je pense qu’il y a plusieurs trucs qui se combinent :

  • Le besoin de sortir, de vrai. Après les années bizarres qu’on a traversées, courir en montagne c’est presque devenu une thérapie collective.
  • Les réseaux sociaux qui rendent le trail hyper photogénique (avouons-le, un finisher UTMB au petit matin sur les crêtes, ça claque plus qu’un tapis de course en salle).
  • Une communauté ultra accueillante. Tu débarques sur un trail de 25 km, personne ne te regarde de travers parce que tu marches les côtes.
  • Et le matos qui s’est démocratisé.

Les plaques carbone débarquent dans l’ultra (et ça fait débat)

Un data scientist l’a dit sans détour dans un podcast récent : gagner un UTMB aujourd’hui sans plaques carbone, il ne voit pas comment c’est possible. Voilà. C’est brut mais c’est dit.

Pour ceux qui n’ont pas suivi, la plaque carbone a d’abord révolutionné le marathon sur route. Records qui tombent, chronos qui deviennent absurdes. Le débat sur « la triche technologique » a fait rage pendant deux ans, puis tout le monde s’est aligné et on est passé à autre chose.

Le truc c’est que maintenant, ça arrive sur les sentiers. Et là c’est plus compliqué. Parce qu’un ultra-trail, c’est pas une piste plate. C’est de la boue, des cailloux, des descentes techniques, des heures et des heures d’effort. Adapter une plaque rigide à ce contexte, c’était un pari. Apparemment gagné.

Le confort, nouveau nerf de la guerre

J’ai lu récemment un test de la Kiprun Kipsummit Max qui vend clairement du confort maximal pour l’ultra. Semelle épaisse, amorti généreux, pensée pour tenir 100 km sans que tes pieds te haïssent à jamais. C’est la direction que prend le marché : moins la performance pure au chrono, plus la capacité à finir dans un état correct.

Et honnêtement, quand tu vises un ultra, c’est ça qui compte. Pas ton temps au 30e km, ta capacité à encore avancer au 90e.

75 ans et 100 km au compteur

Y’a ce portrait qui a circulé récemment. Un mec de 75 ans, Jean-François, qui aligne 37 marathons à son palmarès, des ultra-trails de 100 km, du cross. À 75 balais.

Ça remet les pendules à l’heure quand tu te trouves une excuse pour ne pas sortir courir parce qu’il fait 8 degrés dehors.

Ce genre de profil, ce n’est pas anecdotique. C’est symptomatique. Le trail attire aussi les seniors, les vrais, ceux qui ont commencé la course tard et qui ne s’arrêtent plus. Parce que contrairement au foot ou au tennis, tu peux ralentir, marcher, gérer ton effort. Personne ne te met la pression.

La partie mentale, cette bête noire

Ce qui fait la différence sur un ultra, c’est pas les cuisses. C’est la tête. N’importe qui te le dira. Passer 15h, 20h, 30h en mouvement avec un objectif unique : avancer.

C’est un rapport au temps complètement différent de nos vies quotidiennes où on scrolle, où on switche entre 12 applis, où on peut pas tenir 20 minutes sans checker un truc. Beaucoup de gens cherchent ça : une activité qui te force à être dans l’instant, sans échappatoire.

D’ailleurs, c’est marrant, on retrouve ce besoin de « couper » partout aujourd’hui. Certains vont en trail, d’autres méditent, d’autres passent leurs soirées à tester les jeux de Dublinbet pour décrocher du boulot. Chacun sa méthode pour se vider la tête. Le trail a juste l’avantage secondaire de te faire des mollets.

Se lancer sans se cramer

Si t’as envie de te lancer après avoir lu tout ça (et j’espère que oui), quelques trucs à garder en tête :

  • Commence petit. Un 15 km avec 500 m de D+, c’est déjà bien. Pas besoin de viser un 80 km dès la première année.
  • Le matos, oui, mais raisonnable. Une paire de chaussures adaptée au terrain, un sac d’hydratation correct, et c’est parti. Pas besoin de claquer 800 balles.
  • Trouve des gens. Un club, un groupe Strava local, des potes. Courir 4h tout seul dans sa tête, c’est bien deux ou trois fois. Après ça devient rude.
  • Écoute ton corps. Vraiment. Les blessures dans le trail, c’est le classique : tendinites, périostites, genoux qui grincent. Prends des jours off.
  • Et mange. Sérieusement. L’ultra, c’est un sport de mangeurs.

Où va le trail dans les années qui viennent ?

Vers plus de gens, plus de courses, plus de matos technique, probablement plus de dopage aussi (soyons lucides, c’est le corollaire de la médiatisation). Vers une professionnalisation qui va rendre le haut niveau inaccessible pour l’amateur ambitieux.

Mais le beau du trail, c’est que même quand Kilian Jornet ou Katie Schide bouclent leur UTMB en un temps absurde, toi tu peux toujours faire ton petit 20 km le samedi matin sur les sentiers derrière chez toi. Personne ne te regarde. Personne ne te chrono. Juste toi, tes jambes, et la forêt.

Et ça, ça n’a pas changé.